Bien que la tradition imagine souvent Viateur comme un jeune homme au moment de son départ pour l’Égypte, les faits historiques ne permettent pas de préciser son âge exact. S’il était sans doute dans la force de l’âge en quittant Lyon pour le désert de Scété, il reste un adulte à l’âge incertain.
Après plus de 1600 ans, il est remarquable que nous en sachions autant sur un homme dont la vie fut exceptionnelle par sa seule sainteté. Cette esquisse biographique suit les traces laissées par Viateur dans l’histoire. Pour lui donner chair, il convient de méditer sur sa fidélité, son sens du service et son esprit de prière — des valeurs aussi essentielles au IVe siècle qu’au XXIe pour tout disciple du Christ.
La vie de Viateur est indissociable de celle de son évêque. Saint Just, successeur de Vérissime vers 343, était un homme doux, instruit et respecté. En 381, un événement tragique vint bouleverser sa vie : un homme pris de folie, après avoir commis des meurtres sur la place publique, se réfugia dans la cathédrale. Malgré l’intervention de l’évêque pour garantir un procès équitable, la foule s’empara du coupable et le lyncha.
Profondément marqué par ce sang versé, Just se sentit indigne de sa charge et décida de rejoindre le désert de Scété, en Égypte.
Apprenant le départ secret de son évêque pour Marseille, Viateur décida de le rejoindre. Ensemble, ils s’embarquèrent pour Alexandrie, puis s’enfoncèrent dans le désert libyen pour intégrer la communauté de Saint Macaire d’Égypte.
Leur vie y fut marquée par une ascèse rigoureuse :
L’évêque Just mourut vers 390, et Viateur le suivit dans la tombe peu de temps après. Leurs corps furent ramenés à Lyon vers 399, arrivant dans la ville le 4 août. Le 2 septembre, leurs reliques furent transférées solennellement en l’église des Maccabées.
Le culte de saint Just et de son lecteur Viateur devint si important qu’il éclipsa celui des premiers martyrs lyonnais. Au Ve siècle, quatre fêtes leur étaient dédiées :
En 1287, une vérification officielle permit de retrouver les deux corps dans la même tombe. Malgré la destruction de l’église par les calvinistes en 1562 et les profanations de la Révolution française en 1793, les reliques furent sauvées à chaque fois et reposent aujourd’hui dans la nouvelle église Saint-Just.